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Que faire
à propos de la démocratie
canadienne hors contrôle
- Entrevue
du Marxiste-Léniniste avec Sandra L. Smith -
LML : Le
Parti
marxiste-léniniste du Canada s'oppose
catégoriquement
à l'utilisation de la Prérogative royale par
Stephen
Harper pour proroger le parlement. Pouvez-vous expliquer cette
position ?
Sandra L.
Smith : Au niveau le plus
élémentaire, nous nous opposons
catégoriquement
à la tyrannie, à l'utilisation de l'impunité
et
à l'invocation de « circonstances
exceptionnelles » pour servir les
intérêts de
l'empire américain, des monopoles étrangers et les
plans
qui ne profitent pas au Canada et à son
peuple.
Nous sommes aussi préoccupés par
l'approfondissement de la crise politique et constitutionnelle.
Comme
d'autres, nous aimerions voir le parlement fonctionner mais
qu'est-ce
que ça veut dire exactement ? Fonctionner pour qui et
pour
quoi ? Quelles mesures concrètes vont faire en sorte
que le
parlement fonctionne ?
La prorogation du parlement est une énigme.
Elle
montre d'abord et avant tout à quel point notre
système
parlementaire est devenu inefficace. Crier à
« la
trahison de notre démocratie » ne changera pas
le
fait qu'il n'y a pas d'opposition effective au Parti au Pouvoir et
que
tous les autres partis à la Chambre sont pris à
représenter un
pourcentage minoritaire de l'électorat.
En dépit de sa prétendue base
évangélique monolithique, le Parti au Pouvoir reste
pris
en territoire minoritaire. Puis, ce qui est censé
être
l'opposition est divisé en factions parlementaires : les
libéraux et le NPD dont l'appui extraparlementaire – les
adhérents – est aussi pris dans un pourcentage minoritaire,
tandis que le Québec demeure hors
d'atteinte pour les partis dits majeurs à cause de
l'échec à résoudre la crise
constitutionnelle.
La crise constitutionnelle a atteint un point
critique
avec le rapatriement de la constitution de 1982 sans accommoder
la
nation du Québec. Elle s'est depuis répandue au
processus
politique et électoral. La crise du système
politique et
électoral s'est approfondie parce que le système
selon
lequel la Loyale Opposition est censée constituer une
alternative au Parti au Pouvoir ne fonctionne plus. Les
Québécois refusent d'être
représentés
à la Chambre des communes par les partis qui ont
appuyé
ce rapatriement de la Constitution en 1982. À
l'élection
de 1993, l'ancien Parti conservateur n'a récolté
que 3
sièges, et ç'a été sa perte. Le Bloc
québécois a formé l'Opposition officielle,
ce qui
voulait également dire la mort de la théorie de la
gouvernance et du système qui lui correspond, dans lequel
les
électeurs qui ne sont pas représentés par le
Parti
au Pouvoir étaient représentés par
l'Opposition
officielle.
Le Parti libéral a formé des
gouvernements
majoritaires sous Jean Chrétien, mais son refus de
renouveler le
processus politique sur une base démocratique, de
manière
à investir le peuple du pouvoir souverain, l'a
entraîné dans la désintégration
publique que
l'on sait, qui n'a pas été très jolie. Les
interventions grossières de Chrétien dans les
affaires du Québec, comme avec le
« Rassemblement
pour l'unité » à Montréal pour
subvertir le référendum du Québec, ont
été suivies du scandale des commandites avec les
enveloppes brunes qui changent de mains puis de l'éclatement
d'une
guerre intestine entre Chrétien et Paul Martin. Puis
Chrétien a tenté d'en finir avec le scandale des
commandites en introduisant une réforme de la loi
électorale, mais celle-ci ne faisait qu'accroître
les
subventions publiques aux partis parce qu'ils n'ont pas d'appui
de
masse et qu'ils sont incapables de s'autofinancer. Les
libéraux ont ensuite fait plusieurs promesses de renouveau mais
elles se
sont toutes soldées par le statu quo puisqu'ils ont
élu
Stéphane Dion comme nouveau chef, un ennemi
déclaré du renouveau constitutionnel et de
l'avènement d'un État moderne dans lequel le peuple
est
investi du pouvoir de décider. Après cet
échec, la
faction Jean Chrétien, Bob Rae et Power Corporation de
Desmarais
a tenté de former une coalition parlementaire avec le NPD
et le
Bloc pour défaire
Stephen Harper. La tentative a échoué car l'aile
droite
du Parti libéral, dont John Manley était devenu le
représentant, s'y opposait. Il y a eu une espèce de
coup
d'État au sein du parti pour imposer le
réactionnaire
pro-torture et pro-empire Michael Ignatieff comme nouveau
patriarche,
mais son étonnante ignorance de ce que veut dire
représenter le
Canada l'a rendu encore plus inepte comme chef que
Stéphane Dion
et son chien Kyoto !
Pendant ce temps Stephen Harper se complait dans
l'absence d'une opposition et fait tout ce que lui dicte sa
conscience
évangélique et le
« dominionisme ».
Bien sûr que les Canadiens veulent
« que le parlement fonctionne » mais il ne
fonctionnera pas, parce qu'il ne le peut pas. Le système
parlementaire était basé à l'origine sur des
accommodements raisonnables entre différentes factions
bourgeoises. C'est pourquoi dans le passé, lorsqu'il y
avait un
gouvernement minoritaire, les
partis de l'opposition pouvaient en effet faire contrepoids au
gouvernement minoritaire et il a même été
possible
de faire adopter des choses comme l'assurance-maladie. Mais
aujourd'hui
nous avons un système de « partis
cartels » où les partis s'arrangent pour
fonctionner
avec des subventions de l'État, des accords secrets, etc.
Leurs
intérêts fractionnels sont si enchâssés
que
même s'il était évident que la coalition
était la seule façon de faire contrepoids au
gouvernement
Harper, elle a été incapable de se
coaliser ! L'« aile droite » du Parti
libéral veut rivaliser avec Harper pour le pouvoir. Son
programme est essentiellement le même, du moins pour ce
qui est des politiques de payer les riches et de l'annexion du
Canada
à la machine de guerre des États-Unis. Elle n'a pas
permis que la coalition se forme. L'« aile
gauche », qui est à l'origine de l'idée
de
former une coalition, s'est retrouvée en face d'un NPD
lui-même divisé entre une « aile
droite » constituée de libéraux
en herbe et d'une « aile gauche » de
« travail à la base » qui a en
horreur
l'idée de se retrouver dans le même lit que les
libéraux. D'ailleurs, le Parti libéral et le NPD
sont si
enracinés dans le chauvinisme canadien
anglais
qu'ils n'ont même pas pu résister aux
accusations
démentielles des harperistes à propos de
leur « pacte avec le diable
séparatiste ».
Une coalition parlementaire sérieuse aurait
requis des mesures sérieuses. Il aurait fallu que les
partis
s'entendent pour présenter un seul candidat dans chaque
circonscription pour élire une opposition effective,
plutôt que de tout simplement vouloir se partager les
postes
ministériels en fonction du rapport de force. En fait, ils
auraient pu élire un
gouvernement majoritaire. Mais la coalition s'est
effondrée.
L'affaire s'est terminée de façon si pitoyable que
Stephen Harper s'est retrouvé dans une situation de force,
sans
opposition à toute fin pratique, et il peut maintenant se
prévaloir de la Prérogative royale pour proroger le
parlement une deuxième fois, en plus de nombreux autres
abus de
pouvoir.
LML : Pourquoi
n'a-t-il
pas
été
possible
de
former
une coalition ?
SLS :
Regardez les manifestations que
les
forces de la coalition ont tenté d'organiser à
l'échelle du pays l'année dernière, quand elles
voulaient
prouver
à la gouverneure générale que la coalition
représentait une majorité légitime et
devrait
être invitée à former le gouvernement. Ces
partis
n'ont pas été capables de rassembler un appui
convaincant parce qu'ils ne sont pas des partis de masse, ils
n'ont pas
un appui de masse. Cela rappelle le référendum sur
l'Accord de Charlottetown en 1992. La majorité des
Canadiens
cherchaient de l'information sur ce qui se passait. Ils voulaient
participer à la formulation de l'ordre du jour et pas
seulement
voter pour ou contre un accord
conclu derrière des portes closes. Ils ne voulaient pas se
rallier derrière une faction ou une autre. Durant le
référendum notre Parti a fait un grand effort pour
informer les électeurs sur les enjeux et les engager dans
le
débat, et l'année dernière également.
La
coalition n'a rien fait de tout cela. Ce n'était rien
d'autre
qu'un feu de paille. Certains
étaient si désespérés qu'ils ont
donné dans la logique de George Bush :
« Ou bien
vous êtes avez nous, ou bien vous êtes avec Stephen
Harper.
C'est maintenant ou jamais. » Eh bien, ce
n'était pas
« maintenant » et quant à
« jamais », nous assistons maintenant
à la
deuxième tentative. Cette fois-ci elle se fait avec
la méthode Twitter et elle est orchestrée par les agences
de
marketing qui ont inventé la campagne Obama aux
États-Unis, maintenant devenue la méthode
préférée de tous les partis politiques qui
vivent
des subventions de l'État. En passant, les libéraux
comptent faire une sortie triomphale de leur crise
d'identité
avec les technologies comme Twitter, qu'ils
disent représenter un renouveau du processus politique,
même si elles écartent le citoyen du processus
décisionnel et l'entraînent dans un cul-de-sac sans
retour.
LML : On
dit que le groupe
sur
Facebook « Canadiens contre la prorogation du
parlement » compte 200 000 membres. Ce serait plus que
tous
les partisans des partis politiques
« majeurs »
pris ensemble. Qu'en pensez-vous ?
SLS :
Ça montre qu'il y a
très
peu de Canadiens qui sont membres de partis politiques ! Ces
chiffres sont cités pour montrer l'importance d'organiser
sur
Facebook, comme force démocratique. On dit aussi
qu'environ deux
fois plus de personnes ont regardé la première
émission de saison de American
Idol
que le nombre de votes total aux dernières
élections
fédérales, mais ces chiffres n'expliquent pas
grand-chose. Sans vouloir rien reprocher aux jeunes non partisans
qui
participent à cet effort d'organisation, il est
évident
que les nouvelles technologies doivent être mises au
service d'un
projet. Faire de Twitter un nouveau processus politique ne nous
donnera pas un processus politique démocratique moderne,
ni
faire voter les gens pour faire grimper les chiffres pour se
comparer
à une émission de télévision.
En fin de compte, il reste que le problème
de
base avec ces rassemblements et ces organisations basées
sur les
nouvelles technologies est que si le but n'est pas clair,
où le
processus entraîne-t-il tout ce monde là ? Les
rassemblements expriment l'opposition à la prorogation de
Harper. Très bien. C'est très nécessaire.
Mais de
là à dire que
la démocratie va être rétablie en
révoquant
la prorogation, c'est contourner le problème parce qu'il
faut
voir pourquoi la démocratie a été
détournée et par qui. Quelles sont les forces
sociales
derrière et qu'espèrent-elles accomplir ? Sans
répondre à ces questions de base, les
rassemblements et
les regroupements sur Facebook ne vont pas
rétablir la démocratie. S'ils le pouvaient, le
Stephen
Harper qui a été si châtié
l'année
dernière ne continuerait pas aujourd'hui ses
méthodes
tyranniques.
Pour ce qui est des rassemblements, beaucoup de
ceux qui
y participent s'opposent sérieusement à la
tentative du
gouvernement Harper d'établir un état d'exception
permanent, dans lequel il peut faire ce qu'il veut au nom de la
sécurité nationale et autres nobles idéaux,
mais
certains éléments voudraient faire croire qu'on
peut
créer une base de
masse à partir de rien. Ce n'est pas réaliste. Il
faut un
projet sérieux d'édification nationale pour
constituer
une opposition sérieuse. Seule la classe ouvrière
peut
mener un tel projet à bien parce que les travailleurs sont
les
producteurs de la richesse du Canada ; ils ont
intérêt à s'opposer à la destruction
nationale, à défendre nos ressources et
le secteur manufacturier, ils veulent assurer un avenir à
leurs
enfants et la sécurité pour les aînés
et
pour eux-mêmes quand ils seront à la retraite. C'est
aussi
simple. Entre les mains de la classe ouvrière, le pouvoir
décisionnel servira le peuple et établira les
rapports
commerciaux et entre États sur la base de l'avantage
réciproque. Les factions
politiques de la classe dominante présentement à la
Chambre des communes peuvent dire n'importe quoi à propos
de la
prorogation et de Harper en général parce qu'en ce
moment
la classe ouvrière se prive du pouvoir politique. Si l'on
prend
l'analogie du conte d'Andersen sur les habits neufs de
l'Empereur,
c'est la classe ouvrière qui est nue, pas
l'empereur. La classe ouvrière n'est pas organisée
dans
ses propres intérêts, elle est nue et sans pouvoir
mais
elle est supposée croire qu'elle porte un beau costume si
elle
agit comme auxiliaire du Parti libéral ou du NPD et du
Bloc.
Elle se leurre si elle croit que l'empereur est tout nu car ce
sont les
travailleurs qui sont nus et sans pouvoir. Oui, il
est vrai que ceux qui sont au pouvoir sont exposés quand
ils
font des choses comme proroger le Parlement, mais ils ont tout le
pouvoir dont ils ont besoin et s'en sauvent, tandis que la classe
ouvrière n'a pas de pouvoir politique pour les
arrêter en
ce moment. On a beau maudire Stephen Harper tant qu'on voudra,
mais
cela montre que la classe
ouvrière est sans pouvoir. Il ne s'agit pas de convaincre
Harper
de changer sa façon de faire, il s'agit que la classe
ouvrière assume son rôle dirigeant dans la
société.
Que proposent les libéraux et le NPD pour
faire
fonctionner le parlement ? Par exemple, Michael Ignatieff
répète que les Canadiens ne veulent pas d'une
élection, ils veulent une alternative. C'est stupide. Si
Ignatieff et les libéraux étaient une alternative,
pourquoi ne voudrait-on pas d'une élection ? Au
Canada les
élections servent
ou bien à réélire le gouvernement, ou bien
à élire une alternative. Où est
l'alternative ? Jack Layton affirme quant à lui que
les
Canadiens veulent un parlement qui fonctionne. Eh bien, il ne
fonctionne pas ! Quelle analyse fait-il de la
situation ? Il
n'en fait aucune. Il se contente de blâmer Stephen Harper
et
maudit le fait que la
coalition ne s'est pas coalisée parce qu'il a vu s'envoler
ses
chances d'obtenir les postes ministériels qu'il
convoite.
LML : Que
faut-il faire dans
ce
cas-là ? Quelle est l'alternative à votre
avis ?
SLS :
Il est important que les
travailleurs,
les jeunes, les femmes et les autres qui se soucient de l'avenir
discutent entre eux. Laisser un processus politique Twitter
dominer
parce que c'est une technologie jeune et moderne, c'est permettre
que
la discussion soit manipulée pour servir des motifs
cachés. Si les travailleurs
établissent un ordre du jour qui commence avec le besoin
de
constituer eux-mêmes le gouvernement, ils peuvent profiter
au
maximum des nouvelles technologies, mais en soi ces technologies
ne
constituent pas un processus politique démocratique.
L'excitation inutile et Twitter peuvent être fatals pour
l'effort
pour investir le peuple du pouvoir
souverain. Vous n'avez qu'à regarder le chaos
créé
par les révolutions colorées en utilisant ces
nouvelles
technologies en Europe de l'Est et dans les anciennes
républiques soviétiques.
Les travailleurs sont déjà en train
de
renforcer leur conscience et organisation dans la lutte contre
l'offensive antisociale. La demande que l'économie soit
subordonnée aux besoins des producteurs et de leur
société est déjà très
répandue. Les travailleurs s'opposent avec militantisme
aux
politiques pour payer les riches et servir le droit de
monopole. Ils s'opposent à la poussée de la classe
dominante en faveur de l'annexion et de la guerre. Et maintenant,
en
plus, ils s'organisent en comités pour le renouveau
démocratique dans le but explicite de se persuader qu'ils
doivent diriger le Canada. Ils doivent se présenter aux
élections pour former le gouvernement. Cela commence avec
l'objectif de défaire le gouvernement Harper en formant
une
opposition parlementaire officielle alternative. Une fois qu'ils
se
seront persuadés, qu'ils auront établi les
comités
pour le renouveau démocratique et formé
l'opposition, ils
n'auront qu'à passer à la prochaine étape et
former le gouvernement ! Cela peut se faire parce que cela
doit
se faire !
LML : Alors
l'alternative est
que
les travailleurs trouvent les moyens de se faire
élire ?
SLS :
Oui. Ils doivent se persuader
qu'il
n'y a pas d'alternative dans le système de partis-cartels.
S'ils
continuent de jouer le jeu du parti-cartel, ils vont rester nus
et sans
pouvoir. Pour créer une alternative ils doivent
créer une
nouvelle équation, parce que tous ces partis politiques
bourgeois sont eux-mêmes en crise. Ils sont
incapables d'analyser. Pour eux tout se réduit à
des
tautologies, comme dire que la cause de la pauvreté est le
manque d'argent. Ce n'est pas une analyse. Analyser, c'est
reconnaître que la cause de la pauvreté est le
système d'exploitation et d'oppression mangeur d'homme et
voir
ce les travailleurs peuvent faire exactement pour changer la
situation. C'est la même chose pour ce qui est de
renouveler la
démocratie. Il n'est pas suffisant de dire que la
prorogation
est une mauvaise chose et que Harper devrait changer sa
façon de
faire. Il faut une autre vision de la démocratie, une
autre
façon de choisir les candidats, il faut financer le
processus
plutôt que les partis et tous les autres
aspects doivent être discutés et
réalisés.
Ce sont les travailleurs et ceux qui se regroupent dans les
Comités pour le renouveau démocratique qui peuvent
et
doivent devenir l'opposition officielle en pratique et ensuite
former
le gouvernement. Faire le premier pas, avec la discussion et
l'organisation, c'est ce que signifie occuper l'espace du
changement. Les mineurs, les métallos, les dispensateurs
des
services publics et tous les Canadiens qui travaillent sont
déjà engagés corps et âme dans une
bataille
à finir pour déterminer quelle définition de
la
démocratie aura le dessus.
LML : Que
proposez-vous
à
ceux qui participent aux rassemblements ?
SLS :
Ceux qui sont sérieux
doivent
se poser la question : quelle est la prochaine
étape ?
Nous les appelons à s'attaquer au problème le plus
pressant pour l'ensemble du corps politique : créer
l'alternative nécessaire pour apporter une solution
à la
crise politique et constitutionnelle. Tout le pays est
plongé
dans une grave crise politique et constitutionnelle. Ce n'est pas
seulement la prorogation, le système de partis-cartels est
lui-même en crise. Il faut discuter sérieusement des
causes sous-jacentes. Crier « Sauvez notre
démocratie » sans se poser de question sur
cette
démocratie et comment la renouveler ne peut pas être
considéré comme
une action sérieuse.
Il existe un important mouvement parmi les
Canadiens
autour de la question : « Quelle
démocratie ? » et qui répond :
« Notre démocratie ! » Il a
déjà rejeté cette démocratie qui a
institué le droit de monopole dans les affaires
économiques et toutes les affaires de l'État et qui
supplante le droit
public. Il rejette cette démocratie qui est devenue hors
contrôle et pose la question : comment
« sauver » une démocratie qui est
hors
contrôle ? On ne la sauve pas. On bâtit une
alternative, une démocratie renouvelée !
J'appelle
les travailleurs et tous ceux et celles qui se préoccupent
de
l'échec de cette démocratie
hors contrôle à joindre leurs efforts pour
bâtir des
Comités pour le renouveau démocratique. Ensemble
bâtissons une opposition officielle ouvrière.
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