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Pourquoi la motion Harper sur la nation québécoise
n'ouvre pas la porte au renouveau
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13 septembre 2008 -
En novembre 2006, le parlement canadien a
adopté une motion déposée par les conservateurs
reconnaissant que «les Québécois forment une
nation» et déclarant que cette nation existe «dans
un Canada uni». La motion a été adoptée par
266 voix contre 16 et tous les partis au parlement on voté pour.
On pouvait donc s'attendre à ce que le gouvernement du Canada
procède aussitôt à la résolution de la crise
constitutionnelle due entre autres au fait que le Québec n'est
pas
signataire de la Constitution de 1982. On pouvait s'attendre à
ce que, sur
la base de cette reconnaissance historique, le gouvernement du Canada
veuille aussitôt sortir de la paralysie qui empêche
la fédération canadienne de se renouveler, pour affronter
les défis du XXIe siècle.
Mais il ne s'est rien produit de la sorte. Au contraire, la motion sur
le Québec s'est avérée un autre moyen de maintenir
le statu quo par la force. Au lieu de saisir l'occasion pour
procéder au renouveau, les conservateurs, libéraux et
néo-démocrates veulent que les Canadiens et les
Québécois comprennent qu'avec cette motion,
l'«affaire est close». Les libéraux, menés
par Stéphane Dion, ont dit lors du vote qu'ils allaient voter en
faveur de la motion seulement s'il est clairement entendu que cela ne
sera pas interprété comme voulant dire qu'on ouvre la
voie au renouveau. Les conservateurs, quant à eux, n'ont jamais
renoncé à leur opposition farouche à tout
progrès sur la question constitutionnelle.
Les conservateurs, libéraux et néo-démocrates
prétendent que ce sont les Canadiens qui ne veulent pas entendre
parler de ces problèmes historiques à résoudre.
Ils disent que les gens «en ont assez des chicanes
constitutionnelles». Les chicanes dont ils parlent sont surtout
à cause des querelles entre eux. Ce qu'ils appellent
«parler de constitution», ce n'est pas le vaste
débat parmi la population sur le genre d'arrangements qu'il faut
à la base de la loi fondamentale qui gouverne leur existence,
mais plutôt les tractations entre les partis au parlement et
entre les premiers ministres. Pour cacher le fait qu'ils
représentent tous des intérêts économiques
et politiques différents, qui sont la source première de
leurs désaccords, quand ils parlent de constitution ils
utilisent un
langage complètement étranger. Ils parlent de
«défendre l'unité canadienne» contre
«les séparatistes» qui seraient des
«traîtres» et qui veulent «briser le
Canada». On pourrait facilement qualifier ce genre de discours de
«chicanes», mais cela n'a rien à voir avec les
discussions qu'il faut mener à la base sur les besoins de
l'époque.
Pour les peuples du Canada, du Québec et des Premières
Nations, les Métis et les Innus, les minorités nationales
et tous les citoyens, la création de nouveaux arrangements
basés sur leur volonté souveraine et une union libre et
égale, des arrangements qui garantissent leurs droits et leur
donnent les moyens de prendre le contrôle de leur vie, est une
question de nécessité historique. Ils ne veulent pas des
«chicanes constitutionnelles» entre les
représentants des pouvoirs en place, ils veulent qu'on leur
permettre d'apporter eux-mêmes des solutions à ces
problèmes.
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